Charles Regnard • 1903
Être le premier à occuper, avec ses neuf pions, les neuf rosaces de départ de l'adversaire.
Chaque joueur place ses neuf pions sur la rangée de rosaces la plus proche de lui.
À chaque tour, le joueur tire la carte du dessus de la pioche, soigneusement battue, puis déplace un pion selon ce qu'elle indique :
Quand la pioche est épuisée, on rebat la défausse et on continue.
Les pions avancent toujours vers le camp adverse, d'une seule rosace, tout droit ou en diagonale — jamais sur le côté ni en arrière.
Exceptionnellement, si aucun pion ne peut avancer normalement avec la carte tirée, un pion peut être déplacé latéralement (à droite ou à gauche). Ce déplacement de côté reste facultatif : le joueur peut toujours préférer passer son tour plutôt que de l'utiliser.
Si vraiment aucun déplacement n'est possible, le joueur passe son tour.
Aucune prise ni aucun saut de pion n'est autorisé : une rosace déjà occupée ne peut pas être atteinte.
La partie est gagnée par le premier joueur dont les neuf pions occupent entièrement les neuf rosaces de départ de l'adversaire.
Conçu en 1903 par le Français Charles Regnard, Le Tacticien propose de faire progresser ses pièces dans le camp adverse sous la contrainte du tirage de cartes — un mélange de rigueur tactique et de hasard qui en faisait un jeu accessible aux familles comme aux amateurs de réflexion.
Diffusé par plusieurs éditeurs et présent dans les catalogues populaires du début du XXe siècle, il reflète l'effervescence ludique de cette époque où l'on cherchait à renouveler les jeux de stratégie traditionnels. Apprécié dans les salons jusque dans les années 1920, il cesse d'être édité au cours des années 1930 et tombe peu à peu dans l'oubli.