L'Assaut
Jeu de siège • XIXe siècle
Né au XIXe siècle en Europe, L’Assaut est un jeu de stratégie abstrait qui met en scène un siège militaire. Son plateau en forme de croix représente une forteresse défendue par deux officiers, tandis qu’une armée d’assaillants tente de les encercler. Ce jeu asymétrique, autrefois très répandu dans les salons et les écoles, illustre la confrontation entre la mobilité d’une petite garnison et la supériorité numérique d’un adversaire. Rapide à apprendre et riche d’un point de vue tactique, il demeure un bel exemple de l’ingéniosité ludique du XIXe siècle.
Grand Jeu d'Assaut
Charles Watilliaux • vers 1890
Variante amplifiée du Jeu d’Assaut classique, cette édition publiée par Charles Watilliaux vers 1890 porte l’asymétrie du conflit à une tout autre échelle. En effet, ce ne sont pas moins de cinquante assaillants qui cherchent à s’emparer d’une forteresse défendue par seulement trois officiers. Illustré par J. Bastin et lithographié par H. Jannin, ce grand jeu de plateau s’inscrit lui aussi dans la riche production de l’éditeur parisien. Comme son aîné, le jeu illustre la confrontation entre la mobilité d’une garnison réduite et la supériorité numérique écrasante de l’adversaire. Le déséquilibre des forces, encore plus marqué que dans la version standard, exige des défenseurs une stratégie d’autant plus rigoureuse et offre aux assaillants un défi tactique renouvelé.
Jeu des Chasseurs
Charles Watilliaux • vers 1890
Publié par Charles Watilliaux vers 1890, le Jeu des Chasseurs s’inscrit dans la longue tradition des jeux de chasse asymétriques répandus dans toute l’Europe depuis le Moyen Âge. Ces jeux mettent en scène un seul pion mobile luttant pour sa survie contre une troupe cherchant à le bloquer. Pour renouveler ce classique, l’éditeur parisien transpose les règles d’encerclement dans l’univers de la vénerie : sept chasseurs traquent un cerf sur un plateau hexagonal doté de six portes placées aux angles. Henri de Sta, célèbre illustrateur de l’époque, signe le dessin de la boîte et les scènes de chasse à courre qui ornent le plateau. Comme tant d’autres, le jeu sombra dans l’oubli après la Première Guerre mondiale ; ne laissant aujourd’hui que le témoignage rare et recherché des distractions qui animaient les salons de la Belle Époque.
La Triple Alliance
Charles Watilliaux • vers 1890
Édité par la maison Watilliaux vers 1890, ce jeu de pions s’inscrit dans la vogue des « jeux d’actualité » qui envahissent les salons de la Belle Époque. Son titre fait directement écho à la Triplice, le pacte militaire conclu en 1882 entre l’Allemagne, l’Autriche-Hongrie et l’Italie, qui suscitait alors en France une vive inquiétude après la défaite de 1870. Plutôt que d’adopter une posture belliqueuse, l’éditeur parisien transpose cette confrontation diplomatique dans une mécanique ludique abstraite : un duel stratégique où le premier joueur à aligner trois pions l’emporte. Le trait satirique de H. de Sta, célèbre illustrateur de l’époque, donne à ce jeu de salon son caractère si particulier.
Le Tonkin
Jeu de pions français • XIXe siècle
Le Tonkin est un jeu de pions français créé à la fin du XIXe siècle. Apparu dans un contexte marqué par l’expansion coloniale, son nom à consonance orientale – très en vogue à l’époque – est directement inspiré par l’une des six composantes de l’Indochine française : le Tonkin, région septentrionale de l’actuel Viêt Nam. Accessible et rapide, Le Tonkin séduit immédiatement par la richesse de ses combinaisons. Au début du XXe siècle, le jeu est ainsi publié dans divers recueils de jeux de société où il est apprécié tant pour son côté tactique que pour la simplicité de ses règles. Malgré cet engouement, le jeu disparaît peu à peu des catalogues au cours des années 1920-1930 pour pratiquement sombrer dans l’oubli vers le milieu du XXe siècle.
Le Tacticien
Charles Regnard • 1903
Conçu en 1903 par le Français Charles Regnard, Le Tacticien a pour objectif de faire progresser ses pièces dans le camp adverse sous la contrainte de cartes tirées. Ce mélange de rigueur et de hasard en faisait un jeu accessible, pensé tant pour les amateurs de tactique que pour les familles en quête de nouveauté. Diffusé par plusieurs éditeurs et présent dans les catalogues populaires de l’époque, il reflète l’effervescence ludique du début du XXe siècle où chacun cherchait à enrichir les jeux de stratégie traditionnels par des idées nouvelles. Après avoir connu un certain succès dans les salons de la Belle Époque, le jeu cesse d’être édité dans le courant des années 1930 avant de tomber en désuétude.